Barbidur et Barbibul ont voulu intégrer la scolarité en septembre dernier. Je dois avouer que je suis vraiment fière de mes grands bonhommes, car ils ont réussi leur intégration et leur bulletin trimestriel n'a fait que le confirmer. Ils ont reçu des félicitations et encouragements de leurs professeurs. Certains ne savaient même pas qu'ils étaient en IEF (Instruction En Famille) auparavant.

Si les motivations de scolarisation de Barbidur portaient sur son cursus d'études difficilement réalisable à la maison, celles de Barbibul étaient tout autre. Chacun a son propre cercle d'amis, chacun est dans un établissement différent.

Mais voilà que Barbidur a perdu toute sa motivation du début, au point d'envisager un retour en IEF.

Pourquoi? Que s'est-il passé?

Dès les premières semaines de scolarisation, il estimait qu'il aurait besoin d'un "soutien" en physique-chimie et SVT. Nous avons très peu abordés ces matières en IEF, faute de moyens matériels pour réaliser les expériences prévues au programme. Néanmoins, pour en avoir discuté directement avec les profs des établissements visités avant inscription, tous nous disaient que ce n'était pas un souci car ils reprenaient les cours depuis le début collège. Selon eux, les cours de seconde s'axaient sur la pratique, alors que le collège était sur la théorie. Concrètement, ils approfondissent par la pratique des théories de collège. Le discours était alléchant et encourageant.

Barbidur estimait qu'il aurait besoin d'un soutien dans ces matières. Il en a parlé avec les profs directement qui lui ont dit qu'il devait se débrouiller. J'en ai parlé avec le directeur adjoint, qui m'a promis que mon bonhomme bénéficierait d'un renfort. Nous voici à la fin du 2nd trimestre et rien n'a été fait. Le discours de bienvenue du directeur, en début d'année se résumait ainsi:

"C'est l'année de vos 16 ans! L'école est obligatoire jusqu'à 16 ans (erreur, très cher! C'est l'instruction qui l'ait! LOL). Vous êtes donc ici de votre propre volonté pour apprendre!". En clair, "vos parents paient pour que vous soyez ici. A vous d'apprendre ou vous êtes libres de partir!".

J'ai acheté des manuels pour renforcer les cours à la maison. Nous suivons des vidéos sur youtube pour faciliter la compréhension. J'ai relu les cours de Barbidur et finalement le constat était simple : le discours de certains profs n'est pas adapté à des ados. Je sais que ses profs de physique et maths sont d'anciens ingénieurs reconvertis en profs. Je ne remets pas en cause leur savoir, mais plutôt la manière de communiquer. D'ailleurs la prof de maths a reconnu qu'elle s'y était mal prise et a depuis modifié ses écrits.

En seconde, les élèves bénéficient de matières d'exploration. C'est lors de l'une d'elle que Barbidur a eut un déclic en maths. Le prof d'exploration expliquait totalement différemment les cours. Il réussissait à capter son auditoire.....à donner envie d'apprendre. C'est là que mon bonhomme comprit que ses profs de physique-chimie-maths enseignaient parce que c'est leur métier et c'est tout. Aucune envie de transmettre, aucune envie de donner envie, aucune envie de répondre à un élève demandeur/interrogateur. C'est là que mon bonhomme commença à perdre sa motivation et son goût d'apprentissage.

Puis il y a le sport. Oh non, en soit la matière n'est pas le problème. Bien qu'il ne soit pas vraiment athlète, mon aîné aime se défouler/se dépenser. Il se donne à fond, comme il peut. Il ne rechigne pas, au contraire, il va au bout de lui-même. Il était fier de constater ses propres évolutions. Il espérait que ça se ressentirait dans ses notations et appréciations. La désillusion était comme une claque. Aucun encouragement de son prof. Des remarques à l'opposé de ce qu'il espérait. Des notes déprimantes, et une inégalité qui le dérange. Les filles constamment "indisposées" qui participent peu (voire pas) et qui pourtant ont de meilleurs notes.

Les notes.....parlons-en!

Bien que mes Barbaloulous scolarisés apprécient de connaître leurs notes, je ne suis pas pour, car elles jaugent un niveau. Mon grand est un enfant très studieux. Il aime apprendre et se donne du mal pour réussir ce qu'il veut. Le problème est qu'il se fixe un objectif de note à atteindre plutôt que de se fixer un objectif de note sous laquelle ne pas descendre. Du coup, dès lors qu'il n'a pas atteint son objectif, il vit cela comme un véritable échec. Pire encore car chaque note est annoncée oralement en classe par certains profs. Il a un bon niveau dans la majorité des matières, mais il suffit que d'autres matières soient mal notées pour flinguer sa moyenne. Le moral en prend forcément un coup.

Ajoutons à cela des notations injustes. J'entends par là que régulièrement des profs se trompent entre les élèves, et attribuent la note de l'un à l'autre. Barbidur doit alors le signaler au prof qui reconnait son erreur et la corrige. ll y a aussi le travail en groupe (exposé). Mon fils prépare son exposé (sa partie), fait en sorte de la joindre à celle de ses camarades. Sauf que souvent, ils ne font rien. Bien que c'est signalé au préalable, la notation finale concerne le travail de groupe et plombe sa propre moyenne.

Mis bout à bout, l'école a fini par démotiver mon enfant. Il a baissé les bras et est déçu. Barbapapa et moi lui avons proposé d'arrêter le lycée en cours d'année, mais il a refusé car il ne veut pas que "l'abandon en cours" figure sur son dossier. Il continue d'aller en cours jusqu'au bout de l'année scolaire, sans motivation, sans plaisir (alors qu'il en avait au début). A ce jour, nous ne savons pas s'il poursuivra la scolarisation en septembre. Si tel sera le cas, ce sera dans un autre établissement. Il changera probablement d'orientation, déçu par un système scolaire favorisant le "marche ou crève". Oui à 16 ans, il n'est plus "obligé" d'être instruit....oui à 16 ans, venir en cours relève de sa propre volonté......mais non, à 16 ans il a encore le droit d'être encadré et soutenu par ses profs lorsqu'il en a besoin.

Barbibul quant à lui n'a pas autant de soucis. Les soucis que JE rencontre avec son établissement sont plutôt liés à sa "présence". J'entends par là, que son collège est souvent incapable de savoir si mon fils est dans l'établissement ou pas. Parfois on m'appelle pour m'informer qu'il n'aura pas cours dans 1h, alors qu'il est à la maison depuis des heures. Parfois j'appelle pour savoir où est mon fils qui devait finir ses cours depuis 3/4 d'heure et personne ne sait où il est, alors qu'il est........en cours avec un prof remplaçant.

Ce qui me chiffonne avec le collège est la pression de dingue que les profs mettent au quotidien sur les élèves de 3è à cause du brevet (DNB). C'est un diplôme insignifiant et à les entendre, la vie toute entière de chaque élève dépend de ce truc. Je me fous comme de l'an 40 de ce brevet. C'est quoi le but? Les mettre en conditions d'examens pour dans 3 ans? On s'en fout!!! Est-ce qu'on nous met en conditions de travail pour dans X années? Idem avec le lycée: "Attention.....il y a le BAC!". Ouais, bah scoop du jour! Je ne connais personnellement personne, qui bosse aujourd'hui avec le BAC de la branche obtenue. On a plusieurs vies professionnelles dans notre vie d'adulte. On peut changer à 180° notre vie professionnelle. Un diplôme c'est un diplôme, et c'est tout! Je l'avais déjà expliqué à la directrice du collège : "Barbapapa et moi, on s'en fout du brevet!". On veut simplement que notre enfant se sente bien...qu'il soit satisfait de ce qu'il entreprend.....qu'il réussisse ce qu'il espérait.

Je reconnais que cet article est totalement décousu. J'ai posé mes mots comme ils venaient, avec mon coeur de maman révolté. Oui, je protège mes enfants car c'est mon rôle. Oui, je suis la seule à les connaître aussi bien car ils ne sont pas une généralité. L'IEF avait permis de leur donner une confiance en eux, en leurs capacités. L'école en a cassé une partie. Bien sûr, Barbidur s'en remettra....soutenu par la Barbafamily et l'amour inconditionnel de ses parents. Il relèvera la tête et tracera son chemin. Mais aujourd'hui....aujourd'hui, je suis en colère.

S'il veut passer son BAC en IEF, ce ne sera pas impossible. Tout dépend, quel BAC il choisira. On sera là, on le soutiendra quelque soit son choix. A ce jour, je poursuis l'IEF avec les 5 autres Barbaloulous. Pour l'instant, aucun d'eux ne souhaite intégrer la scolarité.

Lycée

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